mai 23rd, 2013

J’le sais et j’m’en tape

Chers messieurs,

Ce message s’adresse à vous, que nous soyons amis, collègues, parfaits inconnus, amants, ex amants, collaborateurs, ou vagues connaissances.

Inutile de me dire que vous me préférez en jupe qu’en pantalon, avec les cheveux longs qu’avec les cheveux courts et le poitrail moulé plutôt que dissimulé.

Je sais que tu préfères quand je tendes vers Beyoncé plutôt que vers Oprah, vers J-Lo que vers Balasko.

Si une fois de temps en temps je sors sapée comme une concierge sexagénaire, c’est juste qu’une fois de temps en temps, je supporte l’idée de ne pas vous faire bander. C’est peut-être même qu’il m’arrive de moins me préoccuper de mon degré de désirabilité que de… n’importe quoi d’autre, en fait. Une fois de temps en temps, ressembler de près ou de loin à une personne susceptible de vous émoustiller m’importe à peu près autant que la couleur du premier chapelet de Christine Boutin. 

Il est donc inutile de me faire remarquer qu’aujourd’hui je suis moins jolie qu’hier, moins féminine, moins en robe ou moins au goût de votre bas-ventre. À la place, contentez-vous de ne pas avoir envie de moi et de tracer votre chemin en fermant bien votre gueule. 

Si j’ai besoin de votre avis, je sais où vous trouver. Si je ne vous demande rien, c’est que je n’en ai rien à secouer. 

Prenez-en note.


Bisous bisous.

mai 20th, 2013

Cassandre et Aurélien/ C’est toi la traînée

- Je n’ai pas confiance en toi.

- Ni moi en toi.

- Je crois que tu pourrais me tromper sans trop de difficulté si un mec te dragait en soirée, si tu as un peu bu, s’il est séduisant. Je crois qu’il ne t’en faudrait pas plus pour déraper.

- Je crois que tu pourrais me quitter pour une autre fille si nous troquons même une seconde nos étreintes et nos envolées romantico-lyriques contre un quotidien raisonnable, paisible et plaisant.

- Moi, je poursuis un idéal pur, je cherche l’Amour éternel. Toi, tu ne cherches que le plaisir immédiat.

- Mon coeur n’appartient qu’à toi. Toi, il te suffirait d’un joli battement de cils pour oublier les promesses d’éternité et le temps passé à n’aimer que moi.

- Tu laisses ton désir prendre le pas sur ta raison.

- Tu laisses le tien se faire passer pour de l’amour.

- Tu es capable de coucher avec plusieurs hommes différents la même journée

- Tu es capable de dire “je t’aime” à plus de trois filles la même année.

- Je suis sincère à chaque fois.

- C’est précisément ce que je te reproche.

- Tu donnes ton corps au plus caressant, tu n’as aucune pudeur.

- Je ne donnes jamais mon corps, puisque je finis toujours par le récupérer. Et c’est la pudeur qui me pousse à dispenser si rapidement ma nudité. La nudité me permet d’esquiver les confidences. Tu te trompes, j’ai beaucoup de pudeur. C’est juste que je ne la range jamais dans ma culotte. Toi en revanche, tu attends, avec chaque fille parce que tu veux que ce soit spécial, avec chaque fille. Tu attends des semaines avant de les dévêtir mais à peine plus de temps pour leur présenter tes parents.

- Tu suces le premier soir

- Tu dis “je t’aime” la première heure.

- À chaque fois que je te verrai parler à un homme je me demanderai si à lui aussi, tu as fais ce que tu me fais.

- À chaque fois que je te verrai parler à une fille, je me demanderai si à elle aussi, tu as promis que ça durerait toujours.

- J’aurais toujours peur de pas être assez bon pour te satisfaire sexuellement.

- J’aurais toujours peur de ne pas être assez bien pour te satisfaire.

- J’aurai toujours peur que tu me trompes.

- J’aurai toujours peur que tu me quittes.

- Tu es une amoureuse de la bite.

- Tu es une traînée de la romance.

- …En fait, on était faits pour s’entendre?

- S’entendre? Surement pas. On est fait pour s’aimer beaucoup, croire qu’on a besoin l’un de l’autre et ne jamais se comprendre.

- Vivre une belle histoire d’amour, quoi.

- Ouais. Comme celle de nos parents!


Ils vécurent heureux jusqu’au deuxième enfant.

 

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mai 16th, 2013

Les clients sont des gros cons comme les autres

Vous avez déjà suivi des débats entre les féministes abolitionnistes (donc favorables à une interdiction totale de la prostitution passant notamment par la punition des clients) et les pro-sex work ou sex-positives (donc favorables à la liberté de tout le monde de faire absolument ce qu’il souhaite de son corps) ? C’est toujours passionnant, je trouve. En ce qui me concerne, et si nous n’avons pas été présentés, je suis clairement et ouvertement pour la liberté de se prostituer (et d’avoir recours aux services des prostitués). Mais je m’intéresse toujours aux arguments des abolitionnistes. 

L’un des points sur lequel abolitionnistes et sex-positifs s’affrontent le plus est la notion de choix des prostitués. Tandis que les prostitués et sex-positifs considèrent qu’on est seul à pouvoir décider ce qui est avilissant, asservissant ou dégradant pour son corps, les abolitionnistes assurent qu’un prostitué ne peut pas savoir ce qui est humiliant ou non pour lui et qu’il est nécessairement victime (du client, de la société, du patriarcat…).

Alors, et pour suivre la logique de pénaliser le client au lieu/en plus de la pute, les abo s’attaquent aux clients. En France, on a notamment pu voir des tas de personnes brandir des pancartes “fier de ne pas être client”, à l’initiative du collectif ZéroMacho, les hommes contre la prostitution. Donc, puisqu’il est difficile de convaincre une pute qui est contente d’être une pute qu’en vrai, elle préférerait être caissière ou avocate ou Miss France, on décide de convaincre tout le monde que celui qui va aux putes est forcément un gros bâtard (et par extension, la pute est forcément une victime contrainte de se coltiner du gros bâtard, ou une femme qui n’a vraiment aucun honneur, puisqu’elle accepte de se taper des gros bâtards (bah oui, on lui en voudrait moins de ne sucer que des moines bouddhistes)).

En Grande Bretagne (où les agences d’Escort sont légales et développées), il existe un site pour les clients, sur lequel ils donnent leur avis sur les agences et les putes. Alors bon, on peut déjà discuter de la moralité de l’existence-même de ce site et du danger qu’il peut constituer pour certaines putes, mais le fait est que ce site existe et fonctionne pas mal. 

Helen Lewis, du magazine New Statesman, nous invite à nous poser une question : si nous ne pouvons remettre en question le choix des putes de se prostituer, pouvons-nous condamner le choix des clients?

Et là, Helen nous a concocté une petite compilation des commentaires les plus vulgaires, pondus par les plus gros connards inscrits sur ce site : celui-ci explique qu’il trouve excitant de voir que la pute s’emmerde, celui-là fait remarquer qu’à sa place, un mec un peu moins cool aurait pu s’énerver contre cette pute trop bavarde, un autre raconte comme un crétin de client a “cassé” sa pute préférée et encore un autre nous dit comme il a kiffé étrangler la sienne (pas à mort, hein, dans le cadre d’une fellation à gorge-profonde) … 

Ce qui me fait franchement plier les orteils au fond de mes charentaises, c’est la conclusion de l’article: ” Les étrangleurs, les idiots et les hommes qui sont encore heureux de coucher avec une femme fatiguée, malheureuse, et sur la défensive existent tous. Si vous êtes travailleur(se) du sexe, comment pouvez-vous savoir si votre prochain client sera l’un d’entre eux?”

J’ai deux choses à répondre à Helen

1) Si tu es une fille qui ne couche pas pour de l’argent, comment tu sais que le mec que tu ramènes chez toi ne va pas se comporter comme le roi des trous du cul, comment sais-tu qu’il n’est pas un dangereux psychopathe qui va te torturer à la petite cuiller et au critérium, comment deviner s’il a des tendances nécrophiles ou zoophiles ou pédophiles, comment savoir à l’avance si la seule chose qui le fait bander c’est la vision du sang ou d’une flaque de vomi? Il n’y a pas de moyen de le savoir. Tu peux juste espérer que ton détecteur de sociopathe n’est pas complètement défecteux et que la pire chose qui pourra t’arriver est un peine-à-durcir. Et avec un client comme avec un rencard, tu peux tomber sur un timide, un gentil, un raciste, un chômeur, un requin capitaliste, un anar qui sent le shit, un homme d’affaire qui sent le Drakkar Noir, un râleur, un attentionné, un blasé, un impressionné, un lover… Tous les gros cons ne vont pas au putes. Tous ceux qui vont aux putes ne sont pas des gros cons. Je comprends que ce serait plus simple de pouvoir prendre de tels raccourcis, je comprends que ce soit tentant. Mais non. Tous les gros cons sont dans la nature. Pas nécessairement au bordel.

2) Bon, en admettant que la pute a plus de malchance de tomber sur un gros tocard que la fille qui a des rapports gratuitement, à votre avis, comment est-ce qu’on protège la pute du gros tocard? En lui disant qu’elle n’a pas le droit d’exister (va sur le périph, connasse) ou en lui donnant la possibilité de travailler en agence, comme c’est le cas en Angleterre (Coco, si tu lèves la main sur moi, on sait que je suis avec toi, et où, on a ton identité complète, ton adresse et celle de ta mère, alors réfléchis bien avant de pas comprendre ce que “ça je fais pas” veut dire)? En la laissant se démerder dans la clandestinité et l’illégalité netre une caravane miteuse et des buissons humides ou en lui donnant la possibilité d’exercer dans des lieux consacrés, sains et sécurisés (Coco, si tu lèves la main sur moi, j’appuie sur ce bouton et je te regarde te faire mettre la tête entre les cuisses par le service de sécurité spécialement entraîné à déboîter les sadiques)? 

Après avoir exclu et stigmatisé la pute pendant des siècles en en faisant un être immoral sous-catégorie de l’espèce humaine, on décide à présent (et depuis un moment) d’en faire une victime à protéger non seulement d’elle-même, mais aussi et surtout du Grand Méchant Client. Donc on essaie de faire en sorte que la honte change de côté, comme pour le viol. Sauf que bon, encore une fois, la prostitution et le viol sont deux choses bien distinctes et s’il arrive que les deux se rencontrent, ce n’est surement pas la faute à la dépénalisation.

Alors moi aussi je vais conclure en posant des questions : Entre un homme qui paie une femme pour avoir des relations sexuelles avec elle, dont il respecte les désirs et griefs et un homme qui va jurer la lune et une vie de bonheur à une femme dans le seul but qu’elle consente à la sodomie, le quel est le plus gros con? 

Question d’appréciation, je suppose.

Mais en fait, non, c’est moi qui ai raison. Désolée, Helen. Les clients sont des gros cons comme les autres.

mai 9th, 2013

Lettre de rupture #2

Chéri

Je sais que tu ne comprends pas. Il n’est pas plus grand ou plus musclé que toi. Il n’est pas plus beau ou plus charmant non plus. Non, il n’est pas mieux monté. Non, il ne m’écoute pas plus, ne baisse pas plus la lunette des toilettes et il n’aime pas plus faire la vaiselle que toi. Il n’est pas plus indépendant, plus drôle ou plus diplomate. Il n’est même pas plus intelligent.

Mais quitte à être casée avec un gros con égocentrique, je préfère que ce soit avec un gros con égocentrique qui est osthéopathe. Maintenant, entre le sexe et les massages, nous avons deux moyens de désamorcer et résoudre les conflits inextriquables.

Ne m’en veux pas.

Bisous


PS: Du coup, tu peux garder le fauteuil massant.

avril 23rd, 2013

Cette conversation n’aura jamais lieu / Il Majuscule, elle minuscule (suite et fin)

 

- Je t’aimais

- J’te voulais

- Je t’aimais comme personne.

- Je te voulais comme un caprice.

- Je voulais crier mon amour pour toi au Monde entier.

- Je voulais que le Monde entier sache que c’est moi qui te baise.

- Je voulais porter ton nom

- Je voulais que tu portes mes fardeaux.

- Je voulais qu’on ait des enfants, un jour.

- Je voulais qu’on ait un chat, tout de suite.

- Je voulais qu’on fasse le tour du monde et qu’on découvre mille et une choses ensemble.

- Je voulais squatter ton canapé et découvrir 2-3 trucs avec mes potes.

- Je t’aimais plus quand tu ne me mentais pas.

- Je te préférais quand tu me croyais encore.

- Je voulais te rendre heureux.

- Je voulais que tu me rendes heureux.

- Je voulais qu’on soit heureux ensemble.

- Je voulais qu’tu me rendes heureux.

- Je voulais faire ma vie avec toi.

- Je voulais que tu paies le loyer toute seule.

- Je voulais t’ouvrir mon coeur et qu’on ait aucun secret.

- Je voulais que tu me dises qui tu vois et que tu ne me poses pas de questions.

- Je voulais être la seule pour toi.

- Elles le veulent toutes.

- Je veux que tu t’en ailles.

- J’ai jamais vraiment voulu rester.

- Tout est fini.

- … Pourquoi? Y a un problème?

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avril 15th, 2013

Le prince et la crapaude.

Vous regardez Girls? Cette série américaine que l’on compare beaucoup (et à tort) à Sex and the City ?

Si non, sachez que vous devriez (mais vous pouvez quand même rester, votre compréhension de ce qui suit ne s’en trouvera aucunement altérée).

Si oui, vous avez du voir cet épisode où Hannah se ramasse un putain de beau gosse de divorcé et passe 24h de rêve cloîtrée dans son appart.

Je repose un peu le décor : Hannah, 24 ans, rencontre un homme, beau gosse, médecin, la quarantaine bien entamée, se retrouve chez lui pour X raison et dans la demi-heure qui suit leur rencontre, ils s’enlèvent la culotte. Comme l’un et l’autre trouvent ça plutôt plaisant, ils décident de poursuivre toute la nuit et le jour suivant (le doc pose un congé pour l’occasion) et la nuit d’après. Oui, comme ça, ça ressemble juste à un putain de coup d’un ou deux soirs (genre dans le top 5 des meilleurs de ta vie), plutôt courant dans des séries de l’acabit de Girls. 

Oui, sauf que…

Le beau gosse en question était incarné à l’écran par Patrick Wilson. Le personnage d’Hannah, est incarné par Lena Dunham (qui est aussi auteure et productrice de la série).

 

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#chaleur

Suite à cet épisode super sexy, des réactions pour le moins moqueuses et déplaisantes se sont propagées sur la toile, via twitter (toujours là!) et certains blogs.

Pour résumer les propos : une petite grosse, ça peut pas se taper un beau-gosse. La meuf, elle a juste oublié d’être réaliste au moment de l’écriture, ou bien elle s’est pas bien regardée et comme elle est productrice personne n’ose lui dire que ça tient pas debout. Dans la vraie vie, jamais ce mec là il aurait voulu d’elle.



Ca m’a beaucoup fait réfléchir…

Quand j’ai vu l’épisode, au moment de sa sortie (il y a 2 mois… Oh, ça va, hein, si vous voulez du plus frais, allez sur Jezebel et laissez-moi tranquille! (mais revenez, quand même)), je me souviens avoir pensé “C’est cool, quand t’as 25 ans, c’est facile de baiser à tout va, même si t’as pas un physique facile. La jeunesse, c’est mieux que la beauté.”

Dans ma tête, il était évident qu’il ne se la tapait pas parce qu’il l’avait trouvée charmante, ou drôle ou surprenante ou touchante (tout ce qu’est le personnage d’Hannah), mais parce qu’elle a un cul de 24 ans et qu’il en a une vingtaine de plus. C’était la différence d’âge qui rendait l’histoire crédible à mes yeux.
C’est plusieurs jours après, en lisant la quantité de réactions insultantes, que j’ai réalisé que ma façon de penser était consternante.

Comme une bleue, j’ai fini par accepter que la beauté est unique et  que les hommes dans leur grande diversité ne sont tous attirés que par la femme L’Oréal. Et c’est super dommage parce que la femme L’Oréal, c’est quand-même pas la majorité des femmes…

Mais alors quoi? Ca veut dire que les hommes ne baisent les “vraies” femmes que par défaut? Si moi, mes copines et le reste de la ville nous trouvons des partenaires sexuels, c’est uniquement parce qu’il n’y a pas assez de femmes L’Oréal pour tout le monde? Moi, mes copines et le reste de la ville ne sommes que lots de consolation pour tous les mecs qui ne sont pas Jay-Z ou Chris Brown ou Orlando Blum? Les hommes ne nous baisent-ils qu’à défaut d’avoir trouvé plus bonnes?

On connaît tou(te)s des nanas au physique moyen qui ramassent plus que Charlie Sheen (non?). Moi j’en connais en tout cas. Même parmi mes copines (et j’espère qu’elle ne prendra pas mal le “physique moyen”… voire qu’elle ne se reconnaîtra pas).

Une lectrice, que j’appellerai Tarte, a longtemps complexé sur son physique, qu’elle jugeait ingrat, et était du genre à dissimuler son corps et à se la jouer bonhomme parce qu’il lui était évident qu’elle n’avait pas sa place parmi les “filles filles”. Jusqu’au jour où elle pécho le plus beau mec de la classe, sous le nez des mignonnes. Quelque temps plus tard, elle se met à porter “des robes, des décolletés et du maquillage”. En gros, elle comprend que la féminité n’est pas réservée aux meuf sous contrat avec Elite. Et elle ramasse. Je la cite : “je reste persuadée que quand tu es un peu moche, petite, grosse ou ce que tu veux, dès l’instant où tu assumes, ça plait.”

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Je suis toujours en train d’expliquer que la diversité dans le porno, c’est top trop chouette. Je me demande pourquoi ça me paraît moins évident dès qu’il s’agit de la vraie vie. Je peux admettre que des hommes se branlent sur des #granny, des #milf ou encore des #chubby, mais il m’est encore difficile de croire que l’on puisse préférer quoi que ce soit aux filles L’Oréal. Il m’est encore difficile de croire que le reste de la planète n’est pas forcément “second choix”.

Et apparemment, je ne suis pas la seule.

 

Un de mes amis/ lecteurs, plutôt beau gosse (coucou, d’ailleurs), m’a parlé de la difficulté que ça avait longtemps été pour lui, au sein de sa bande de potes, d’avouer qu’il n’aimait pas sa copine malgré son poids, mais pour ça (entre autres choses). D’avouer, d’une manière générale que les filles de plus de 70kg lui plaisaient davantage que les mannequins Victoria’s Secret. Il m’a expliqué comment, à chaque fois, il avait l’impression qu’il choquerait moins s’il disait qu’il aimait mettre des coups de latte à sa meuf qu’en avouant qu’il trouvait sexy à mourir des cuisses épaisses et capitonnées. Comme si aimer les “grosses” était la plus vilaine des perversions. Il m’a expliqué que depuis le lycée, il avait l’impression d’être tordu, quand il ne s’excitait pas sur les calendriers FHM ou sur les clips des Pussycat Dolls.

Je me dis que, même s’il a eu du mal à en arriver là, il a quand même fini par assumer ses préférences. Combien de mecs ont un faible pour les bourrelets, les rides ou les seins qui pendent mais vont quand même gueuler plus fort que les autres quand on annonce Beyoncé, de peur d’être rejeté par la meute, d’être considéré comme moins un mâle que les autres…

Je soupçonne Robert de ne pas être le seul…

Cette habitude de toujours foutre une nana AU MOINS aussi désirable que le mec, dans toutes les pubs, les séries et les films, ça entretient cette idée archaïque que si les femmes peuvent être attirées par les qualités intellectuelles, par l’argent, le pouvoir ou les performances sexuelles d’un homme, les hommes, eux, ne tombent amoureux que du physique. Et d’en remettre trois couches  aux assignations “mec, réussis ta vie, cultive toi, entretien ta beauté intérieure, gagne plus et mieux que les autres, cours plus vite, pisse plus loin. Meuf, sois belle. Plus belle. Encore plus belle.” On encourage un peu plus la femme à être L’Oréal, à être le plus beau trophée, à être récompense et signe extérieur de réussite. Au lieu de leur dire qu’elles peuvent aussi réussir et séduire des minets pour leurs qualités morales, intellectuelles…

Montrer que des filles dites “moches” peuvent tout aussi bien rentrer avec de l’étalon que les filles dites “bombastiques”, ça contribue(rait) à mettre tout le monde bien à l’aise : non, mec ce n’est pas une tare d’être aussi sensible à l’esprit, l’humour ou le charisme d’une meuf qu’à son rapport nichons/taille/hanches. Ni de trouver qu’il y a du sexy dans les flasque, le poil ou l’asymétrie. Et non, meuf, ce n’est pas parce que ce minet au minois ô combien photogénique te suggère de repasser le voir dans - 25kg que tu devras te contenter pour toujours de ceux qui se sont fait éconduire par la plus belle fille de la soirée.

Les filles ne sont pas toutes Rihanna. Mais comme les mecs ne sont pas tous des abrutis, il y a de l’espoir pour tout le monde.






avril 8th, 2013

Jeune et jeune et jeune. Et jolie.

Hier soir, en écrivant un article sur les moches qui ramassent (bientôt sur clemmiewonder.com), je me suis rappelée des premiers magazines féminins que j’ai lus, gamine. Il y avait Girls! et Jeune et Jolie. Le premier va bientôt disparaître et le second n’existe plus depuis des années. Les deux ciblaient les 13-17 ans. Tu sais cet âge où tu es idiot, influençable, mal dans ta peau et toujours excité…

Je suis retournée faire un petit tour sur le site de Girls!. J’étais un peu surprise de constater le point auquel ça n’a pas changé.

J’ai décidé de reprendre quelques sujets d’articles et d’y répondre en disant ce que j’aurais aimé qu’on me dise à l’époque (entre 13 et 15 ans, disons). Je m’adresse à la Clemmie d’il y a une dizaine d’années,à ses boutons d’acné et à son embarrassante virginité. Accroche-toi et fais-lire à ta petite soeur.

 

8 conseils pour être la reine des préliminaires :

Meuf, tu seras jamais la reine des préliminaires, sache-le. Tu vas mal t’y prendre, surtout les premières fois, tu vas être maladroite, tu vas le sucer avec les dents et lui mettre des doigts dans le cul avant qu’il ne soit prêt, tu vas le serrer trop fort, et il trouvera ridicules les postures de hardeuse que tu prendras pour lui faire croire que t’as fait ça toute ta vie. Ensuite, tu t’amélioreras. Tu le connaîtras par cœur et sauras quelles cordes tirer et à quel moment… Et c’est là que tu rencontreras un autre mec qui aimera les pipes avec les dents, les doigts dans le cul et la compression de la bite, et tu devras tout réapprendre. Tu redeviendras débutante à chaque nouvelle rencontre, pour peu que tu sois un peu attentive à l’autre.

Tu ne seras jamais la reine des préliminaires, mais si tu ne veux pas non plus en être la bouffonne, la seule chose que je te conseille, c’est de ne surtout pas te dire qu’il y a un protocole de la baise, auquel on ne doit pas déroger.

L’autre seule chose que je te conseille, c’est de t’en foutre, de ne pas être la reine des préliminaires. De t’en foutre royalement (et à défaut d’une couronne de diamants, tu auras peut-être un joli collier de perles).



Comment fonctionne un mec?

Comme toi. Ah, non, il fait pipi debout.

Sinon, réfère toi au paragraphe précédent. Si tu te mets à penser qu’ils fonctionnent tous de la même façon, tu vas en chier et tu seras chiante. Tout le monde y perd. Pars du principe qu’un mec, ça fonctionne pas.



Les 5 gestes qui font craquer les mecs

1) Être présente

2) Ne pas se mettre des pièges à souris autour de la culotte

3) Ne pas se rouler dans le purin avant de lui parler

4) Ne pas être une connasse

5) Être consentante.

Dans l’article original, Girls! incite encore les filles à se toucher les cheveux et à jouer la timidité. J’appelle ça “l’attardée attitude”.

Clemmie, si tu les écoutes, si tu les crois, si tu fais ça, ça va te poursuivre toute ta vie. Et même à 25 ans révolus, et même avec toutes tes convictions, ton recul, ton bon sens et la confiance en ton pouvoir de séduction que tu finras par acquérir au cours des années, ton premier réflexe à chaque fois que tu te trouveras en face d’un mec qui te plaît vraiment sera de glousser comme une idiote et de te tortiller sur place, sans être capable de sortir une phrase cohérente ou une pensée pertinente de ta bouche, figée en un sourire de présentatrice de télé-achat. Ne minaude pas, Clemmie. Ton minaudage est comme une mauvaise publicité mensongère. Parce qu’en vrai, t’es ni une chatte, ni une dinde, ni une gamine pas terminée. Fais le savoir!



Et alors attention, voici la conclusion de l’article :

“Bien sûr, un bon brossage de dents, des cheveux propres et des mains parfaitement manucurées vous aideront à mener votre mission à bien ;) “

Meuf, jamais, jamais jamais, un mec ne te fera la moindre réflexion sur tes cuticules et dans le pire des cas, ton incapacité à mettre du vernis correctement te vaudra quelques railleries pas bien méchantes. Jamais tes ongles ne seront motifs d’abstinence. Détends-toi et continue de ne pas utiliser cette lime.



4 conseils à adopter pour que ce mec te remarque

Contrairement à ce que te conseille Girls! (adopte ses centres d’intérêt, rapproche toi de ses amis et regarde le fixement pour qu’il sache que tu es intéressée, sois impeccable de la racine des cheveux à ton gros doigt de pied…), le mieux, c’est encore de ne te taper que des mecs qui t’ont remarquée sans que tu aies eu quoi que ce soit à faire pour ça. C’est toujours décevant, les mecs à qui tu dois signaler ton existence par une flèche lumineuse et clignotante au dessus de ta tronche. Tu finis toujours par te rendre compte que le mec en question n’est attiré que par les flèches clignotantes et que s’il préfère les flèches clignotantes à ton minois et ton boule, il va mal te baiser et dire beaucoup de conneries. Ce mec ne te remarque pas? Passe ton chemin, il est trop con pour savoir que tu es remarquable.



Pour finir, Clemmie de 15 ans, j’ai fait un tour sur la petite biographie de l’auteure de la rubrique LOVE de Girls! …

Coralie nous raconte que le but numéro 1 de sa vie est de trouver l’homme de sa vie. Elle a même dressé une liste des qualités indispensables. Parmi ces qualités, il y a ”être possessif sans être psychopathe”… La meuf veut un mec possessif. Possessif. C’est le terme qu’elle a choisi. Pas jaloux, pas exclusif, possessif…

S’il aime la guitare ou le piano c’est un plus, s’il aime les Corn Flakes, c’est carrément Allelujah!

Et surtout, ce que j’aime le plus (et qui me laisse penser que Coralie va soit finir desséchée, soit revoir ses exigences à la baisse), il doit vouloir être papa d’ici trois ans maximum. Ce mec, là, qu’elle cherche, qu’elle n’a encore jamais rencontré et qui doit absolument être possessif. Elle l’a pas encore croisé, mais il a intérêt à être prêt pour la paternité dans trois ans Max, sinon, c’est (je la cite) “juste IMPOSSIBLE!”.

Et même si tu ne les connais pas toutes, Clemmie, il est fort probable que la grande majorité des chroniqueuses qui tiennent une rubrique “LOVE” de quelque magazine féminin que ce soit ne soient pas mieux placées que Coralie pour donner des conseils de vie sentimentale à qui que ce soit.

Alors écoute-moi bien, Clemmie d’il y a 10 ans. Tu vas désormais économiser 15 francs par semaine et les mettre sur un compte à part. Je te vois lever les yeux au ciel, mais crois-moi, tu seras bien contente d’avoir mis cet argent de côté pour la drogue!

Allez, va lire un livre, morveuse!

 

mars 29th, 2013

Les anges déçus

- Tu crois aux anges?

- Bien sûr, il y en a un qui vit en bas de chez moi. Il boit du rhum et il ne sait plus voler. Il pleure le soir venu, il se désespère à propos d’un paradis qu’il aurait perdu… Pourquoi?

- Moi je n’y crois plus.

- C’est idiot, puisqu’ils existent toujours. Tu n’en as jamais vus?

- Juste des mirages. Des hologrammes. Je pouvais longtemps les observer, de loin, sans que ça ne semble les déranger. Mais quand je me décidais à les caresser, il n’y avait plus d’ange. Juste des filles luminescentes avec des ailes dans le dos.

- Comment tu sais qu’il ne s’agissait pas d’anges? 

- Je le sais, c’est tout. J’ai pulvérisé de l’insecticide dans leur direction. Ca les a énervées, mais ça ne les a pas fait partir. Elles sont restées là, à ne rien faire d’intéressant, à être des anges… Je crois que mon ciel est bien trop encombré pour qu’il y vole autre chose que des corneilles et des vautours en forme de filles trop belles pour moi.

- J’ai toujours trouvé ton ciel plus brillant que les autres.

- C’est ça le piège. Les vols à contre-jour. Tu dois attendre le crépuscule pour différencier les plumes des grues royales de celles des dindons.

- …J’aime bien ça, moi, les anges.

- Qu’est ce qui les différencie de nous?

- Le fait qu’ils ont des ailes et qu’ils choisissent d’atterrir. Ils ont le temps d’y réfléchir, depuis le sommet des montagnes ou accrochés aux étoiles filantes, ils ont bien le temps de savoir si oui ou non ils veulent se heurter à la Terre ferme. 

- Et alors?

- Et alors, quand ils sont au sol, c’est qu’ils l’ont choisi. L’ange n’est pas lié à la Terre, ni à la fange ni à la boue. Il se dépose au sol comme un cil sur ta joue et décide du prochain souffle qui fera de lui un voeu. Il n’est là que de passage et sur la pointe des pieds. Les anges ne connaissent pas la pesanteur. Les anges ne rampent pas, jamais. C’est pour ça que je les aime.

- Tu rampes, toi?

- … Mec, c’est l’histoire de ma vie.

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mars 25th, 2013

Dessine- moi une teupu

Est-ce qu’on naît pute ou est-ce qu’on le devient?

Est-ce qu’on devient pute quand on commence à avoir des rapports sexuels contre de l’argent, ou est-ce qu’on a ça en soi avant de toucher la première liasse? Est-ce que c’était inhérent à ma personnalité? Est-ce que j’étais déjà une pute quand j’avais trois ans et des fossettes sur les genoux? 

Pute, c’est un métier, un choix de vie, un mode de pensée, une insulte ou une essence?

 

Est-ce que pute c’est grave?

 

Est-ce que je suis une pute parce que je couche avec des hommes pour de l’argent, ou est-ce que je suis une pute pour tous les hommes que je me tape gratuitement?

Est-ce que je suis une pute quand je dois lutter contre le dégoût que m’inspire le corps de l’autre ou est-ce que je suis une pute quand j’ai faim de celui-ci?

Est-ce que je suis une pute parce que je couche pour de l’argent et sans désir, ou est-ce que je suis une pute parce que je prends du plaisir à coucher pour de l’argent?


Est-ce qu’elle est une pute quand elle lui fait entrevoir la possibilité d’un coït qu’elle ne lui cédera jamais pour qu’il lui paie de nouvelles chaussures?

Est-ce qu’elle est une pute quand elle reste avec son mari parce qu’ils viennent d’acheter la maison?

Est-ce qu’elle est une pute quand elle l’éconduit après l’avoir laissé lui payer le resto et le champagne?




Est-ce que j’étais une pute, quand je couchais avec mon copain sans en avoir la moindre envie, juste parce qu’il était gentil? Est-ce que je suis une pute quand je désire plus un inconnu que celui que je connais par coeur?


Est-ce que j’arrête d’être pute quand j’arrête d’être payée, ou est-ce que je resterai pute parce que je l’ai été?


Dis, est-ce que pute, c’est pour la vie?

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mars 19th, 2013

Cette conversation n’aura jamais lieu : Aline et Maxime

M: J’ai l’impression qu’on n’est plus sur la même longueur d’onde.
A : Sans blague.
- Je suis bien avec toi, tout ça, mais… j’ai pas envie d’être en couple, tu vois.
- Je vois.

- Le fait qu’on se voit, de plus en plus souvent, comme ça… Je commence à me dire que c’est une mauvaise idée. Je veux pas que tu t’attaches à moi. Je veux pas devoir te rendre des comptes, te dire ce que je fais ni avec qui.

- Ca tombe bien, je te l’ai jamais demandé.

- Mais regarde, là tu es fâchée contre moi parce que je n’ai pas répondu à tes trois derniers messages. C’est exactement ce que je voulais éviter en étant ton plan cul et en esquivant d’être ton mec. Alors voilà. Je suis pas en train de dire que je veux jamais te revoir. Juste qu’il vaut peut-être mieux faire une petite pause, histoire de se protéger.

- * éclat de rire étouffé*. Ouais… Tu sais quoi, t’as trop raison. Protégeons-nous. Par contre, moi, je prends pas de pause avec mes plans. Je les remplace, juste.

- Mais le prends pas comme ça.

- Je le prends pas comme ça.

- … Ouais, j’connais les meufs, tu dis que tu le vis bien, et puis tu vas t’énerver, te mettre à pleurer, m’envoyer des sms la nuit…

- *éclats de rire pas étouffé du tout* Ton arrogance est presque attendrissante. Presque.

- Je ne vois pas en quoi je suis arrogant.

- Dis-moi. Tu t’es jamais demandé pourquoi je ne t’appelais que quand j’étais bourrée? Ou pourquoi, quand je suis sobre au moment ou tu arrives, je suis toujours minimum éméchée quand j’enlève ma culotte? Ni pourquoi j’avais toujours un truc à faire le matin qui suit?

- Ben… je m’étais jamais fait la réflexion en fait… J’me disais juste que t’aimais bien la bouteille..

- Ok.

- Et donc?

- Et donc rien. T’as raison, je pourrai m’attacher, ne nous voyons plus jamais.

- J’ai pas dit ça, j’ai parlé d’une pause.

- Je t’ai dit que je pratiquais pas la pause.

- Mais je veux pas qu’on arrête de se voir.

- Tant pis.

- Je veux juste qu’on maintienne cette…

- Légèreté, blablabla, oui, j’ai compris.

- Je savais que ça allait te fâcher…

- Je suis pas fâchée.

- Aline, il faut pas que tu tombes amoureuse de moi.

- Ca tombe bien!

- Ouais, tu dis ça, mais regarde, l’autre jour, je t’ai pas répondu, et t’as vu comment tu l’as pris!

- Bon. Sans vouloir être blessante et sans vouloir heurter ton égo, tu n’es ni mon premier, ni mon seul plan cul. Le principe, c’est que je t’appelle et que tu rappliques, quelle que soit l’heure, quand j’ai pas envie de finir la nuit seule et que j’ai trouvé personne de ramassable au cours de la soirée. Tu acceptes de traverser la ville après le dernier métro et sans préméditation pour passer le reste de la nuit avec moi. C’est le seul avantage que tu présentes par rapport à n’importe quel autre plan cul. T’es super au taquet. Alors tu me dis que tu as peur que je m’attaches… Laisse moi te mettre bien à l’aise. J’ai besoin d’être saoule, non pas pour vaincre ma timidité, mais parce que ta conversation m’ennuie et que ton incapacité à émettre un avis original sur quoi que ce soit me fait débander. Tu sors lieu commun sur banalité et tu me baises médiocrement, surtout en comparaison à ce que tu me promets sur le papier. Tu es mon éternel plan B. Celui qui sera dispo et partant quand les autres auront mieux à faire. Ton absence de réponse m’a posée problème, parce que si tu n’es même plus celui qui est toujours dispo, tu ne me sers plus à rien. Tu veux une pause? Moi je veux un plan C.

- Vas-y, t’es nulle de réagir comme ça. Je t’ai rien dit de méchant.

- Moi non plus.

- Tu viens de me dire que je suis con et médiocre du zgeg.

- Mais je le dis sans méchanceté.

- T’es pas un si bon coup que ça, toi non plus.

- Chouette! Sans rancune alors?

- T’es grave.

- Mais je serai jamais ta meuf. Tu vois,tout le monde est content!

Moralité : lol.


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Des conversations qui n'auront jamais lieu, des magazines qui n'existent pas, des indignations et un peu de poésie. Cultural studies, porno et féminisme. Sex drogue and shoe gaze. Amour et perte de temps. Tu ne le sais pas encore, mais tu m'aimes déjà.

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